La chronique 

de la semaine !

Le 12 Février  2024

Grand Voyager !

"Grand Voyager"

Photo : S.T

L'actualité et toute sa violence nous amène tous à, réfléchir sur la vie, sur notre vie et par effet induit, sur notre cadre de vie.

 

Des question reviennent sans cesse heurter mon esprit :

 

Quels sont mes gains et mes pertes dans ce parcours de vie ? 

Pourquoi toujours avancer sur cette Terre aux mille et une épreuves ? 

 

Sur ma route, être né pauvre ou riche ne me semble pas représenter le plus important. J'ai toujours été et je resterai un homme juste prisonnier de ses rêves  mais  libre de pouvoir les réaliser, curieux mais enjoué à l'idée de répondre à mes interrogations et ce, quelque soit le prix à payer. 

 

J'ai joué beaucoup. J'ai perdu. J'ai gagné aussi et, à chaque fois, la partie a plutôt été rude. Toutefois, avec le recul et l'âge, je sais que ce n'est pas la destination, la réalisation de l'un de mes rêves qui m'a le plus comblé mais le parcours pour y parvenir et tout ce qu'il implique. 

 

C'est cela qui m'amène à écrire ces mots ! Il faut donner un sens à ce que l'on fait. Il faut s'engager et s'engager encore même si cela conduit sur la route des erreurs, des loupés, des ratés de toutes natures. Mais en plus de cela, il faut en assumer les conséquences, pour soi et devant les autres. 

 

Entreprendre vous expose aux regard des autres, à la moquerie et souvent à un flot  de  phrases gratuites et stupides du style :

 

"Ça marchera pas"

"T'aurais pas dû !"; 

" A ta place, j'aurais fait autrement !"; 

" Je te l'avais dit". 

 

Les erreurs peuvent également, sans que vous ayez pu l'imaginer une seule fois avant d'engager,  faire du mal à votre environnement direct, blesser autrui.  La réussite ne vous épargne pas non plus des réactions et autres phrases incisives :

 

" T'as eu de la chance !";

"Tu n'as pensé qu'à toi, et nous. ";

"Ça ne vas pa durer, profites-en !  

 

J'en oublie forcément mais, encore une fois, l'important ne se trouve pas là mais plutôt et avant toute autre chose dans le fait d'être en situation. Les conseilleurs et les critiques ne prendront ni les bénéfices ni les pertes et encore moins les émotions liées à toute prise de risques. 

 

Ce que nous faisons doit avoir un sens et ne pas empoisonner la vie des autres. Ce qui compte le plus, c'est la valeur ajoutée apportée à un métier, un travail, un projet, une communauté, une famille, un être vivant. Tout le reste n'est qu'illusoire. 

 

C'est en cela que le Monde ne tourne plus rond !!!!!

 

La politesse sert la politesse. Il en va de même pour l'impolitesse qui sert l'impolitesse.

L'argent facile empiète sur la valeur ajoutée et tue l'envie de faire pour gagner sa vie.

Le bien commun disparait au profit de l'individualisme. 

La violence n'est plus issue d'une discorde mais devient une façon d'être ou l'autre et le respect de l'autre se perdent. 

 

J'avais un Grand Voyager de la marque Chrysler et je ne peux m'empêcher de faire le lien de son histoire et de sa fin de vie  avec le film "Gran Torino"  de Clint Eastwood et notre pays qui, comme tout l'occident et les USA, connait un fort déclin. 

 

Si une personne, une seule personne se moque des valeurs ci-dessus citées et ce, en totale impunité, c'est tout qui fout le camp et notre société qui perd du même coup, son visage humain pour porter un voile sombre sur les mots :  engagement, travail, mérite, respect et sur la notion de vivre ensemble. 

 

Si je ne suis pas comme Walt Kowalski, le personnage campé par Clint Eastwood dans le film Gran Torino, je partage certaines de ses valeurs et de ses regards sur une société en déroute. Ce film traite de nombreux sujets comme le racisme primaire, l'apprentissage de l'autre, la religion, la famille, l'autodestruction et  le  fardeau des préjugés.  

 

Derrière le caractère renfrogné et bougon de Walt Kowalski et le jeune et trop tendre Thao (d'origine hmong) se joue également le conflit entre générations, la déchéance de l'industrie et ses ravages sur une grande ville, le poids de l'histoire et la notion d'intégration. Le film met également en lumière l'avancée des traffic en tous genres, la délinquance et tous les périls connexes à une population de laissés pour compte et à ses jeunes désoeuvrés tantôt proies, tantôt acteurs de violences gratuites sur une voie tracée pour la délinquance par un pays qui ne se soucie plus de son peuple et livre une grande partie de sa population à la marginalisation.

 

La voiture Gran Torino de Walt rappel les grandes heures de l'industrie automobile de la ville de Détroit mais aussi le parcours de Walt, ses valeurs de travail et la fierté qu'il arrive à dégager d'avoir, dans le passé,  travaillé sur la construction de son modèle de véhicule, un Gran Torino.

 

Lorsque j'ai décidé de vendre mon Grand Voyager, je n'en pouvais plus de payer des surfacturations aux différents garages qui acceptaient encore de réparer un véhicule de la marque Chrysler dont le réseau venait de rendre l'âme. Je me suis acquitté de factures mettant en avant des surfacturations sans limite allant de  5 à 20 fois le prix d'achat de nombreuses  pièces. 

 

J'ai dû attendre plus de trois mois avant de pouvoir être livré d'une nouvelle voiture neuve et ces trois mois ont été pour le moins insctructifs. Privé de voiture, il m'a fallu amener ma fille à l'école en bus et j'ai pris sur chacun de ses trajets la pleine mesure de ce que nous avons perdu et de ce qui me semble très éloigné de l'éducation que l'on m'a donné :

 

1/ Des jeunes adolescents sont assis sur le banc de l'arrêt de bus

et ne laissent pas la place à une femme enceinte ou encore à une personne âgée.

 

2/ Je dois protéger ma fille de 10 ans pour que personne ne la fasse tomber

et qu'elle soit piétinée en montant dans le bus tellement la bousculade et l'anarchie sont fortes.

 

3/ Un matin, un dolescent s'assoie près de nous et pose ses deux pieds

et ses chaussures sur le siège qui se trouve face à lui.

Il enfile son lecteur mp3 et fait comme si, il n'entendait pas la personne

qui lui demandait de retirer ses pieds pour s'assoir. 

 

4/ Un autre matin, un lycéen cherche quelque chose dans ses poches

et en fait tomber un couteau à cran d'arrêt. Pourquoi avoir un tel objet pour aller au lycée ? 

 

5/ Un soir, sur le chemin du retour, je cède ma place à une vieille femme

et un adolescent se jette sur la place avant cette femme,

certainement persuadé que le port de son casque sur les oreilles le coupe du monde

et de son devoir de civilité. Je suis obligé de me mettre en colère pour qu'il daigne rendre la place.

 

6/ Mais, il a eu pire encore !

Un autre soir, un homme fortement handicapé monte péniblement dans le bus.

Même avec ses deux béquilles, sa progression est chaotique.

Qu'importe, avant qu'il est pu gagner un siège, le chauffeur démarre brusquement

et l'homme est projeté au sol. Tout le monde s'en fout, à commencer par le chauffeur !

 

7/ De l'arrêt de bus à notre maison, je constate q'un point de deal est né.

En voiture, je ne l'avais jamais remmarqué.

Ce qui est surprenant, ce sont toutes ces caméras de surveillance installées

à seulement une dizaine de mètres à peine et qui ne servent à rien,

en tous cas, pas à la sécurité des lieux.

 

Le Monde change et force est de constaté qu'il ne va pas dans la bonne direction. Si s'ajoute à cette aventure de transports en commun, les déviances rencontrées chez les uns et les autres, je dirais que le Monde ne tourne plus du tout rond :

 

Le boulanger te refile du pain congelé sans te le dire,

Le supermarché du coin gonfle ses prix avant de te proposer une promotion,

Le voisin laisse son chien faire ses déjections devant ta porte sans les ramasser,

Le boucher oublie les règles élémentaires d'hygiène,

 

 

 

Stéphane Théri

 

Le 15 Janvier 2024

Impossible, impensable !

Impossible, impensable, ces deux mots sonnent à mes yeux comme le plus fort des résumés sur ce que devient le Monde. Loin de mon innocence des premiers jours, riche de toutes ses années passées à apprendre, je n'en suis pour autant pas moins décontenancé, écoeuré, abasourdi et définitivement inquiet pour les miens et leur devenir.

 

Il est bien triste, en effet, d'avoir à se dire et à se répéter que, même si l'homme a su développer suffisemment de génie pour poser les pieds sur la Lune, on ne retiendra de lui,  dans les hautes sphères de l'Univers et les recoins insoupconnés du céleste, son incommensurable faculté à marcher sur la tête  et son indicible capacité à détruire le paradis qu'il lui était donné de chérir.

 

Que reste-t'il de l'humanité, si ce ne sont des histoires et des mensonges, plutôt que l'histoire ?

 

Que devient cette planète dite bleue, une terre  de plus en plus noire et sombre qui ne pourra bientôt plus, au rythme où vont les choses, supporter encore longtemps les douleurs, les souffrances et les violences infligées au plus grand nombre par une poignée seulement d'individus sans morale et assez stupides pour penser pouvoir tout contrôler et mieux se partager le peu qu'il leur restera ?

 

A quoi servent donc toutes ces technologies développées si ce n'est à  nous rendre esclaves du virtuel et à nous éloigner du réel et du vivant ? 

 

Qui sont ces gens formant le cercle secret des empêcheurs de tourner en rond ? Qui sont ces êtres dénués de compassion mais également de vision ? Ne sont-ils pas sur le point de  ruiner la vie de la majorité des êtres humains mais également celles de toutes les espèces vivantes ? 

 

L'or ne se mange pas, l'argent non plus !  Les robots ne consomment pas ! Toute vie perdue l'est définitivement !  Un beau matin, même cachée dans le sanctuaire le plus sophistiqué du Monde, la vie prendra tout son sens mais hélas, c'est la mort qui le lui prouvera.

 

L'homme sain n'empoisonne pas la vie des autres !

 

Ce sont donc des hommes malades, terrorisés par l'émergence et le partage qui vont certainement poser le mot fin sur la comète humanité.

 

On parle ça et là, de "Great Reset" en oubliant l'essentiel. La vie, la vraie, c'est avant tout de l'énergie et pas celle produite par des machines ou la dernière technologie en date. L'énergie de toute forme de vie et la capacité de celle-ci à ne former qu'une gigantesque intelligence à développer le vivre ensemble. Il est regretable de constater que l'animal le plus enclin à protéger et à s'inspirer de ce modèle, le tue et le tue encore.

 

A celles et ceux qui auront lu ces quelques lignes, je dis merci pour elle, merci pour la lecture. Les mots, les phrases, les livres montrent combien ils nous rendent toutes et tous liés les uns aux autres. Notre passé , notre présent et notre futur se trouvent et se retrouvent avec les mots et ce, pour s'entremêler et enfin, nous éclairer.

 

De toutes les crétineries inventées par l'être humain, l'intelligence artificielle semble être l'écho le plus fort de tout ce qui nous sépare du vrai donc de la vie. L'IA  était la dernière frontière à franchir, l'ultime étape avant  la perte de toute conscience, la perte de la singularité, la rupture définitive avec l'originalité d'une oeuvre, le fruit d'un caractère, la force d'un savoir-faire unique, au profit d'une soupe encore plus dégradante que la soupe populaire parce que dénuée de contenu et toxique parce qu'elle va endormir les esprits , les fondre les uns dans les autres et ainsi, les tuer.

 

Je termine en ayant cette certitude : La plus grande force se trouve dans l'intelligence de toute forme de vie. La plus grande des faiblesses se trouve dans son dénie. 

 

À trop regarder en l'air, l'humain a les pieds trop loin du sol. Sans ses racines, l'humanité, comme les pissenlits, ne s'envolera nulle-part ailleurs. Avant de jouer la conquête de l'espace, il fallait jouer la conquête de l'esprit. Avant de formater, il fallait tirer de nos folies, la sagesse. À l'échelle de l'Univers, notre présence n'aura, hélas, été qu'une plaie transformant la plus belle des  étoiles en gigantesque trou noir.

 

Stéphane Théri

 

"Adam et Eve

au Paradis terrestre"

Huile sur toile, Dimensions (H × L) 247 × 336 cm

de Johann Wenzel Peter

Située au cœur de la Pinacothèque vaticane, cet immense tableau de Wenzel Peter, ‘Adam et Eve au Paradis terrestre" offre une représentation étonnante et avant-gardiste du premier couple de l’humanité. Le couple "originel" est ici représenté au milieu des animaux, au même plan que n’importe quelle autre créature  terrestre.

Si le génie et la virtuosité picturale du peintre animalier à su reproduire chaque animal avec une précision incroyable, l'oeuvre prend, en plus de sa dimension biblique, une allure de mise en garde ou bien de scène idéale dans laquelle, toutes les espèces animales vivent en paix et sans aucune animosité apparente.

 

Le premier homme et la première femme

de l’humanité, nus, en pleine nature

et en parfaite harmonie avec celle-ci.

 

En effet, si l'on s'éloigne du caractère profondément paisible de la scène qui contraste avec le drame qui va se jouer, le fruit défendu et l’instant fatidique du péché originel, c’est aussi par l’incroyable diversité de sa faune et de sa flore que le tableau se distingue. Le peintre a ici représenté plus de 240 espèces et nous invite à la contemplation. Dans un sous-bois fleuri, des animaux domestiqués, comme des chiens tout près d'Adam et Ève ainsi que des moutons, un coq, des chevaux, un paon ou  encore un cochon d’Inde, mais aussi des espèces plus exotiques tels le lion et le dromadaire, encadrent le couple, sans oublier le singe placé juste au-dessus du couple primordial de la chrétienté. Dans un ciel bleu pastel, des oiseaux de toutes sortes déploient leurs ailes, accentuant l’onirisme de la scène.