Impossible, Impensable !

Texte court de Stéphane Theri 

Impossible, impensable !

Impossible, impensable, ces deux mots sonnent à mes yeux comme le plus fort des résumés sur ce que devient le Monde. Loin de mon innocence des premiers jours, riche de toutes ses années passées à apprendre, je n'en suis pour autant pas moins décontenancé, écoeuré, abasourdi et définitivement inquiet pour les miens et leur devenir.

 

Il est bien triste, en effet, d'avoir à se dire et à se répéter que, même si l'homme a su développer suffisemment de génie pour poser les pieds sur la Lune, on ne retiendra de lui,  dans les hautes sphères de l'Univers et les recoins insoupconnés du céleste, que son incommensurable faculté à marcher sur la tête  et son indicible capacité à détruire le paradis qu'il lui était donné de chérir.

 

Que reste-t'il de l'humanité, si ce ne sont des histoires et des mensonges, plutôt que l'histoire ?

 

Que devient cette planète dite bleue, une terre  de plus en plus noire et sombre qui ne pourra bientôt plus, au rythme où vont les choses, supporter encore longtemps les douleurs, les souffrances et les violences infligées au plus grand nombre par une poignée seulement d'individus sans morale et assez stupides pour penser pouvoir tout contrôler et mieux se partager le peu qu'il leur restera ?

 

A quoi servent donc toutes ces technologies développées si ce n'est à  nous rendre esclaves du virtuel et à nous éloigner du réel et du vivant ? 

 

Qui sont ces gens formant le cercle secret des empêcheurs de tourner en rond ? Qui sont ces êtres dénués de compassion mais également de vision ? Ne sont-ils pas sur le point de  ruiner la vie de la majorité des êtres humains mais également celles de toutes les espèces vivantes ? 

 

L'or ne se mange pas, l'argent non plus !  Les robots ne consomment pas ! Toute vie perdue l'est définitivement !  Un beau matin, même cachée dans le sanctuaire le plus sophistiqué du Monde, la vie prendra tout son sens mais hélas, c'est la mort qui le lui prouvera.

 

L'homme sain n'empoisonne pas la vie des autres !

 

Ce sont donc des hommes malades, terrorisés par l'émergence et le partage qui vont certainement poser le mot fin sur la comète humanité.

 

On parle ça et là, de "Great Reset" en oubliant l'essentiel. La vie, la vraie, c'est avant tout de l'énergie et pas celle produite par des machines ou la dernière technologie en date. L'énergie de toute forme de vie et la capacité de celle-ci à ne former qu'une gigantesque intelligence à développer le vivre ensemble. Il est regretable de constater que l'animal le plus enclin à protéger et à s'inspirer de ce modèle, le tue et le tue encore.

 

A celles et ceux qui auront lu ces quelques lignes, je dis merci pour elle, merci pour la lecture. Les mots, les phrases, les livres montrent combien ils nous rendent toutes et tous liés les uns aux autres. Notre passé , notre présent et notre futur se trouvent et se retrouvent avec les mots et ce, pour s'entremêler et enfin, nous éclairer.

 

De toutes les crétineries inventées par l'être humain, l'intelligence artificielle semble être l'écho le plus fort de tout ce qui nous sépare du vrai donc de la vie. L'IA  était la dernière frontière à franchir, l'ultime étape avant  la perte de toute conscience, la perte de la singularité, la rupture définitive avec l'originalité d'une oeuvre, le fruit d'un caractère, la force d'un savoir-faire unique, au profit d'une soupe encore plus dégradante que la soupe populaire parce que dénuée de contenu et toxique parce qu'elle va endormir les esprits , les fondre les uns dans les autres et ainsi, les tuer.

 

Je termine en ayant cette certitude : La plus grande force se trouve dans l'intelligence de toute forme de vie. La plus grande des faiblesses se trouve dans son dénie. 

 

À trop regarder en l'air, l'humain a les pieds trop loin du sol. Sans ses racines, l'humanité, comme les pissenlits, ne s'envolera nulle-part ailleurs. Avant de jouer la conquête de l'espace, il fallait jouer la conquête de l'esprit. Avant de formater, il fallait tirer de nos folies, la sagesse. À l'échelle de l'Univers, notre présence n'aura, hélas, été qu'une plaie transformant la plus belle des  étoiles en gigantesque trou noir.

 

Stéphane Théri

 

"Adam et Eve

au Paradis terrestre"

Huile sur toile, Dimensions (H × L) 247 × 336 cm

de Johann Wenzel Peter

Située au cœur de la Pinacothèque vaticane, cet immense tableau de Wenzel Peter, ‘Adam et Eve au Paradis terrestre" offre une représentation étonnante et avant-gardiste du premier couple de l’humanité. Le couple "originel" est ici représenté au milieu des animaux, au même plan que n’importe quelle autre créature  terrestre.

Si le génie et la virtuosité picturale du peintre animalier à su reproduire chaque animal avec une précision incroyable, l'oeuvre prend, en plus de sa dimension biblique, une allure de mise en garde ou bien de scène idéale dans laquelle, toutes les espèces animales vivent en paix et sans aucune animosité apparente.

 

Le premier homme et la première femme

de l’humanité, nus, en pleine nature

et en parfaite harmonie avec celle-ci.

 

En effet, si l'on s'éloigne du caractère profondément paisible de la scène qui contraste avec le drame qui va se jouer, le fruit défendu et l’instant fatidique du péché originel, c’est aussi par l’incroyable diversité de sa faune et de sa flore que le tableau se distingue. Le peintre a ici représenté plus de 240 espèces et nous invite à la contemplation. Dans un sous-bois fleuri, des animaux domestiqués, comme des chiens tout près d'Adam et Ève ainsi que des moutons, un coq, des chevaux, un paon ou  encore un cochon d’Inde, mais aussi des espèces plus exotiques tels le lion et le dromadaire, encadrent le couple, sans oublier le singe placé juste au-dessus du couple primordial de la chrétienté. Dans un ciel bleu pastel, des oiseaux de toutes sortes déploient leurs ailes, accentuant l’onirisme de la scène.