

avec
par Stéphane Théri
(Série TV 1966)
Musique, John Barry
Très jeune, je ne ratais aucun épisode de la série "Vivre Libre" . A chaque diffusion, son générique et les images me suspendaient dans un espace temps serein et m'envoyaient loin, très loin de mon corps. Mon esprit était en Afrique, sur les terres du Masai Mara, dans les plaines de Tsavo . Beaucoup plus tard, en 1985, l'adaptation cinématographique du roman autobiographique "Out of Africa" de Karen Blixen et la musique de John Barry me projetaient une nouvelle fois encore sur les plaines de Tsavo, la savane et m'envoyaient encore loin, très loin de Paris. Je n'avais plus qu'une chose à faire, me laisser guider par ces deux voyages virtuels et donner à mes pieds la chance de fouler le sol africain et de vivre, moi aussi, ce bonheur de contempler un couché de soleil, sur un point d'eau...
Je n'étais pas parti faire ce voyage pour vivre un rêve et le laisser derrière moi, j'avais la volonté d'en tirer un plus, quelque chose d'intemporel et c'est le parfum Habit Rouge qui me l'a offert. Je l'avais acheté pour la première fois, quelques jours seulement avant mon départ et déposé au fond de ma valise sans y toucher avant d'être rendu à destination. Quelle merveilleuse idée ! Chaque fois que je pulvérise sur moi ce parfum, je me retrouve, en un dixième de seconde, à Amboséli. Le soleil commence à dévoiler le Kilimandjaro; J'ai une tasse de café à la main et sur ma gauche débarque un troupeau d'éléphants. La lumière du jour est tout simplement exceptionnellle et vire légèrement sur le gris, aidée par la poussière que soulèvent les pachidermes. Je suis de nouveau en Afrique et à partir de ce point zéro, je revois défilé mon voyage jusqu'à Mombasa. Ce parfum me colle aussi fortement à la peau qu'à l'esprit, comme la terre rouge des pistes. Je sais, à chaque nouvelle pulvérisation qu'un autre voyage commence, c'est la réserve de magie que m'ont laissé dans la peau, la faune, la flore et les masaïs. Avec Habit Rouge, je revets le manteau envoutant de mes souvenirs d'Afrique. J'ai la certitude de garder intact mes souvenirs jusqu'au dernier jour de mon existence. C'est une parcelle de bonheur XXL et intemporelle de mon passage sur Terre.